Chapitre deux
Scène 1
Dans le brouillard de son sommeil à moitié consommé, il entendit une sonnerie. Dans un premier instinct il songea à son réveil mais très vite, il sut que c’était son téléphone portable.
Il grommela et tourna le dos voulant pour cette fois ci répondre aux abonnés absents.
Au bout de dix sonneries son interlocuteur tombera sur son répondeur.
Il râla encore plus fort sachant parfaitement que le sommeil ne serait plus dés à présent.
Il sortit son bras de sous les couvertures pour attraper l’appareil de malheur. Sans prendre la peine de vérifier à qui il avait à faire il décrocha aussitôt il entendit une voix remplie de nervosité:
-Tony rappliques toi immédiatement nous avons un corps sur le dos.
Anthony se redressa subitement à l’affût des informations pour se rendre sur le lieu.
Il nota l’adresse vite fait sur son calepin et raccrocha sans avoir prononcé une véritable phrase.
Il sortit de son lit nu pour se rendre sous la douche pour lui permettre de se réveiller et d’être au meilleur de sa forme.
Anthony Dupas lieutenant de police depuis douze ans. A l’age de trente cinq ans il s’était fait un nom dans son commissariat et son chef Richard Denis le commissaire centrale n’hésitait pas à lui confier des affaires importantes faisant confiance à son flair sur développé, à son acharnement pour élucider les dossiers et sa maîtrise face à la violence vue dans le milieu du travail.
Il était vrai que depuis quelques années Tony en avait beaucoup vu. Cela passait du petit trafiquant poignardé pour cause de détournement de drogue, de la femme battue à mort par un mari violent, du mafieux éliminé par un gang, de la prostituée trouvée morte dans une rue sombre. Il y avait toutes sortes de meurtres et à chaque fois que Tony était sur le coup il se mettait un point d’honneur à régler cela au mieux car il ne pensait que pour la victime et se devait de trouver le coupable pour ne pas laisser un crime impuni.
Durant les enquêtes il savait montrer deux personnalités. Il était capable d’être patient empathique envers les familles ou la victime et intransigeant et colérique face à des suspects non coopérants. Cela le rendait fou de rage de voir l’enquête piétiner.
Son coéquipier Benoît Delorme plus âgé que lui était plus modéré dans son enthousiasme. Il le freinait dans ses convulsions interrogatives et Tony appréciait depuis cinq ans sa compagnie dans le travail et dans la vie privée.
Quand Benoît sentait son collègue sur le point de craquer il prenait les choses en main. Tout était planifiait dans un entendement non dit.
La nuit était toujours présente mais la ville commençait à se réveiller les bennes à ordures faisaient le tour de chaque quartier pour délester chaque habitation de leur détritus quotidien.
La circulation était fluide et Anthony mit peut de temps pour rejoindre la paroisse de notre dame qui se situait à dix minutes de chez lui.
La rue était condamnée par une panoplie de voitures gyrophares allumés et d’une ambulance.
Le jeune officier sortit de sa voiture. Il devait être attendu car son coéquipier l’attendait avec un gobelet en plastique rempli d’un café noir brûlant.
Tony le lui arracha presque des mains:
-EH! Qui t’as dit qu’il était pour toi?
La réponse immédiate fut un regard noir. A une heure si précoce il pourrait tuer pour un café bien corsé.
Benoît lui dit en souriant:
-Ça va! fais comme si je n’avais rien dit.
Tony regarda la paroisse qui s’érigeait devant ses yeux. C’était une battisse moderne avec des vitraux sur chaque façade.
Anthony se demandait ce qu’il allait découvrir dans cette paroisse.
Ils avançaient lentement vers l’entrée. Avant il voulut savoir quelques détails.
-Dis moi ce que tu connais
-Jeune femme entre 25 et 30 ans c’est le père Florian qui l’a découvert qui il est arrivé cela fait presque une heure de cela.
Benoît était habitué à voir son collègue travailler. Il savait qu’il voulait des informations mais pas trop préférant découvrir les choses par lui-même pour s’imprégner de tous les éléments.
Il lui précisa que le père attendait dans un fourgon sa déposition était prise.
-Je ne crois pas qu’il va faire un délit de fuite vas dire qu’il peut rentrer chez lui et qu’on viendra le voir dans les prochains jours pour de plus amples informations.
-Il a été choqué de sa découverte c’est un homme âgé. La police scientifique a fait son boulot Jefferson t’attends à l’intérieur il ne voulait pas emporter le corps avant que tu arrives.
-Il manquerait plus que cela.
La paroisse était très bien éclairée. Tony s’entendait à voir le corps en face de lui mais non l’autel n’était pas en face mais latéralement.
Le bâtiment religieux était rempli d’uniformes. La police scientifique examinait chaque recoin pour trouver le moindre indice, de temps en temps s’accroupissait pour prendre l’empreinte d’une chaussure mais dans un lieu si fréquentait cela revenait à rechercher une aiguille dans une botte de foin.
Anthony s’avança vers le médecin légiste qui lui faisait signe d’avancer.
Robert Jefferson avait derrière lui quarante années d’un travail consciencieux et acharné pourtant à le voir il ressemblait plus à un professeur de mathématique qu’à un médecin. Petit et encore plus avec son dos légèrement voûté, des cheveux pratiquement blancs et dégarni sur le sommet du crâne, une paire de lunette qui avaient tendance à tomber sur le bout de son nez grossier, des lèvres quasi inexistantes qui n’exprimaient pas souvent de sourire. Il avait vraiment un visage ingrat mais dans son métier c’était le meilleur et cela Tony ne pouvait pas dire le contraire depuis qu’il avait travaillé avec dans quelques affaires mais malgré son professionnalisme, il ne le supportait pas. Cela était sûrement du à ses airs supérieurs et le comble du comble était ses blagues à deux francs devant un victime. Il se vantait de faire de l’humour noir mais c’était plutôt sordide et déplacé.
Tony regarda parterre, le corps était là sous ses yeux mais camouflé sous un drap. A priori, les premiers examens étaient faits ainsi que les photos prises.
Tony sentait sa colère grimper en lui comme une boule de feu lui dévorant les entrailles.
-Je vois que j’arrive à temps. Je n’aime pas ces méthodes où je suis le dernier de la file.
Jefferson secoua sa main de haut en bas pour le faire taire
-Calmez vous elle n’allait pas partir sans vous.
Tony haussa les épaules ne voulant pas relever devant ce genre de réflexions Il s’accroupi au pied du corps. Jefferson lui demanda:
-Voulez vous une explication maintenant ou après avoir vu le résultat?
Tony fit descendre le suaire l’arrêtant au niveau des épaules. Il retint son souffle devant le spectacle morbide. Il en avait vu des horreurs mais là la vue était insupportable. En fait, il aurait voulu sortir prendre des bouffées d’air frais mais il se devait de prendre sur lui. La faiblesse n’était pas de mise surtout face à Jefferson qui se réjouirait de ce tableau.
Comment avait on pu faire cela à cette jeune fille? De quelle façon la monstruosité pouvait s’installer chez un homme?
A cette première vision, il sut qu’il allait se démener comme un diable pour trouver l’assassin et lui faire payer ce qu’il venait de faire.
Scène deux
Cela devait être une belle femme sous les coups, les boursouflures, le sang caillé et les déchirures.
Des cheveux blonds très clairs et ensanglantés encadraient son visage fin et délicat.
Ses yeux bleus étaient grands ouverts imprégnés de terreur. Sa dernière vision avait du être horrible.
Sa bouche s’était figée dans un dernier hurlement. Elle était morte dans la souffrance. Son visage était rempli d’ecchymoses. Le meurtrier s’était évertué à épargner son regard. Il voulait qu’elle assiste à tout ce qu’il comptait lui faire et cela jusqu’au dernier moment.
Du sang coulait de son oreille droite et de son nez cassé.
Sa mâchoire inférieure était déviée et il manquait les quatre incisives du haut.
Tony demanda à Robert d’une voix la plus neutre possible:
-A-t-on trouvé ses dents aux alentours.
-Non aucune trace, je pense que celui qui a fait cela a du vouloir les garder en guise de trophée.
Tony attrapa le bout du drap et le fit descendre jusqu’aux cuisses. Cette fois-ci, il poussa un petit cri. Elle était complètement nue, ses bras étaient en croix et son épaule gauche sortait de son habitacle pourtant aucune trace de corde autour de ses poignets. Comment s’était il prit pour la maintenir si fort et qu’il n’en reste aucune blessure? Il regarda le médecin interrogatif.
-il est évidant que c’est en voulant se dégager d’une emprise trop forte qu’elle s’est luxée l’épaule mais comment était elle attachée, je l’ignore. Les menottes, les cordes et même les mains laissent des traces. Je n’ai aucune explications immédiates mais je trouverai soyez en certains.
Mais ce n’était pas le plus terrible car de tout ce qu’il venait de découvrir, rien n’indiquait la cause de la mort mais maintenant il savait pourquoi tant de souffrance dans le regard et dans le dernier cri avant de mourir.
Elle avait été éviscérée L’incision abdominale partait de la base des côtes jusqu’au pubis. Le monstre avait pris la peine de sortir ses intestins et de les poser sur son bas ventre et entre ses jambes.
L’odeur des entrailles ouvertes était insupportable, l’inspecteur avait la nausée. Il passa la main contre son nez pour calmer cette sensation désagréable.
La partie inférieure du corps n’était pas épargnée. Ses cuisses contusionnées étaient grandes ouvertes, des hématomes présents le long de ses jambes et son pied droit prenait un angle inhabituel.
-A quand remonte le décès
-J’ai pris la température de son foie elle doit remonter entre huit et six heures mais j’aurai plus de précision quand j’aurai prélevé son humeur vitreuse.
Tony passa sa main sur sa barbe naissante et lui demanda de faire l’autopsie au plus vite.
-Laisser moi deux heures et je serai prêt pour la faire; Puis je compter sur votre présence ou vous en avez assez vu?
-Je serai à neuf heures dans le centre médico légale et tachez de ne pas commencer sans moi.
Jefferson appela des collègue pour l’aider à emporter le corps à la morgue.
Tony sortit de la paroisse presque en courant. Le jour était pratiquement levé et il fut pratiquement heureux d’entendre le gazouillement des oiseaux après tant d’horreur.
Il sortit une cigarette, l’alluma et inspira une grande bouffée soulagé de prendre sa première dose de nicotine de la journée.
La journée s’annonça longue et laborieuse. Richard Denis avait voulu lui confier cette affaire et il allait tout mettre en œuvre pour l’élucider en espérant qu’aucun autre corps tué de la même manière ne serait découvert. Il manquerait plus qu’ils aient à faire à un tueur en série.
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1
Scène 1
Elle regarda par la fenêtre, la journée s’annonçait très belle pour une fin d’octobre. Les couleurs de la nature se teintaient d’ocre, de rouge et de jaune, les oiseaux se raréfiaient mais dehors c’était comme une fin d’été.
« Tant mieux! » pensa Marion qui devait sortir. Elle ne supportait pas la sensation de froid et appréciait cette météo déréglée.
Plus le temps passait, plus elle se sentait exaltée et elle devait cette plénitude à sa meilleure amie Stéphanie Roblès. Quelques mois auparavant, Steph avait planifié un départ de trois semaines pour Israël. Quand elle avait fait part de son projet à sa meilleure amie: Marion Delgado, elle lui avait également proposé de l’accompagner. Celle-ci, dans un premier lieu trouva l’idée trop saugrenue et assez compliquée.
Elle était à l’époque en dernière année de ses études pour obtenir son diplôme d’état d’infirmière et ne pouvait pas s’imaginer que tout cela allait cesser un jour et être dans le réseau du travail.
- tu n’as qu’à te décider de t’accorder quelques semaines de repos avant de mettre à la recherche d’un boulot.
Marion était assise devant sa table qui lui servait de bureau et de meuble à manger en train de réviser ses derniers cours. Mais impossible de se concentrer, elle ne pouvait que songer à ce périple. Sa première excursion potentielle dans un pays étranger. Elle se mit à griffonner nerveusement sur un papier vierge comme si sa réponse était sur le point d’être écrite.
-Mais qui va s’occuper d’Atlas?
Le matou en question âgé de deux ans tigré gris et blanc dormait sur le canapé et ne semblait pas sensible pour son avenir.
Stéphanie fronça les sourcils et posa sa main sur celle de son amie en train de s’agiter sur ce malheureux torchon de papier qui allait finir par se trouer.
-Ne te trouves pas d’excuses pour refuser car ta seule raison de dire non c’est la trouille.
Marion dans un premier fragment de seconde se mit à rougir puis à sourire car il lui était impossible de lui cacher quoi que ce soit.
Au bout de trois quarts d’heure de discussion enflammée, elle avait fini par accepter.
A présent, elle ne le regrettait pas le moins du monde. Certes, elle était très lucide. Jérusalem n’était pas une ville tranquille, la présence militaire et les risques d’attentats à la bombe pouvaient la faire reculer mais quand elle prenait une décision, elle ne changeait jamais d’avis. Et elle ne serait pas seule.
Cela faisait un mois qu’elle avait obtenu son certificat d’aptitude avec succès.
Quand certaines personnes lui demandait pourquoi ce choix, elle avait du mal à trouver ses mots mais au fond d’elle-même et au plus loin qu’elle cherchait, elle avait toujours voulu aider les personnes démunies. Elle ressentait ce besoin d’être utile pour son prochain. Elle avait beaucoup d’amour à donner et ce métier, même s’il était difficile, était celui de ses convictions, grâce à lui elle se sentait en phase avec elle-même.
Chaque année d’études et durant ses congés de quatre semaines consécutives, elle n’avait pas hésiter à travailler. L’argent gagné, elle avait su l’économiser.
Elle vivait dans un petit appartement de trois pièces très ensoleillé dans le centre ville de Montpellier.
En fait, elle devait cette sorte d’indépendance à ses parents qui lui versaient de l’argent tout les mois.
Elle était issue d’une famille huppée. Sa mère Jacqueline et son père François l’avaient choyé et gâté depuis sa plus tendre enfance, peut être à cause de son statut de fille unique. Pourtant, malgré tout cela, elle avait su restée simple.
Les pensions versées servaient à payer loyer, factures et nourritures. Elle ne cessait de les remercier pour leur aide si généreuse. Elle avait des parents si merveilleux, si complices tout les deux. Ils étaient un véritable modèle d’une union heureuse.
Elle allait les voir le plus souvent possible. Sa mère n’hésitait pas à lui apporter des petits plats cuisinés (sa plus grande passion). Marion lui avait maintes fois expliqué que tout cela la gênait ma sa mère lui répondait « tu es ma fille et pour toujours, cela me fait plaisir de faire cela pour toi »
Alors mère et fille se serraient dans les bras parfois en versant quelques larmes d’émotion.
Quand la jeune femme leur apprit qu’elle partait en compagnie de Steph dans le moyen orient pendant trois semaines. SA mère avait eu un long frisson d’angoisse. Elle ne pouvait pas s’imaginer sa fille aimée et tellement protégée dans un pays si loin. Elle avait tenté de la raisonner en vain.
Dans ce couple c’était Jacqueline qui prenait toutes les décisions. Elle parvenait à se montrer forte. Son père était plus réservé, ne levant jamais le ton de la voix mais il savait également tempéré les excès protecteurs de sa femme envers sa fille. Par contre, il ne disait jamais rien en public, tout se déroulait dans l’intimité. Marion ne savait pas quels mots il avait su trouver pour que sa femme soit moins soucieuse mais deux jours après la nouvelle dévoilée, elle reçut un coup téléphonique lui disant qu’ils se feraient un plaisir de s’occuper de son chat et lui souhaitèrent de bien s’amuser.
Marion devait rejoindre Stéphanie à la terrasse de leur café habituel. C’était comme une dernière mise au point de leur aventure en commun avant le départ qui était à deux jours.
Elle passa sous la douche. Celle-ci finit de la réveiller. Elle aurait préféré faire la grasse matinée mais impossible face à toutes les choses qu’elle devait réaliser.
Une fois vêtue d’un jean et d’une sweat-shirt elle contempla le résulta devant son miroir.
Elle n’était pas tellement grande:un mètre soixante cinq c’était tout juste un peu plus que la moyenne.
Elle était mince et athlétique grâce à ses séances de natations et de fitness le plus souvent que son emploi du temps lui permettait.
A l’aide de ses mains elle redressa ses longs cheveux blonds pour savoir si elle devait les attacher ou les laisser libre. Elle opta pour al seconde option.
Beaucoup de personnes lui disaient qu’elle était belle avec ses yeux bleus légèrement en amande, son nez fin et droit et ses lèvres naturellement teintée et suffisamment pleines mais elle ne voyait que des défauts avec ses cheveux couleur de blé et son teint pale, elle se trouvait fade.
Elle était fin prête pour rejoindre son amie. Avant de sortir de chez elle, elle donna une poignée de croquette et un bol d’eau fraîche à Atlas puis tout en le caressant tandis qu’il dévorait sa pitance, elle lui dit:
-N’en profites pas d’aller faire tes besoins en dehors de ta litière.
Il ne releva pas sa tête trop accaparé par sa nourriture.
Scène 2
Montpellier, capitale du Languedoc Roussillon située au bord de la méditerranée. EElle est empreinte de l’esprit qui ont fait souffler les savants, les médecins et les penseurs. Ville remplie de richesses historiques, architecturales et naturelles. Montpellier a un passé médiéval et ses plus belles places font revivre l’ambiance du siècle des lumières.
Elle devait se rendre sur la place de la comédie. Né au XVIIIème siècle, ce lieu est entouré de constructions cossues et élégantes. Il est fermé à son extrémité par l’opéra comédie construit en 1888.
Marion qui n’était qu’à quelques rues du lieu de rendez vous, opta pour s’y rendre à pieds. De toutes manières, la circulation automobile y était interdite.
Stéphanie devait déjà l’attendre depuis peu. Elle avait toujours cette manie d’être toujours en avance.
Elle avait fait sa connaissance quand elle était en cours préparatoire.
Cela avait été une rencontre qui avait changé les cours des choses.
Ce jour là, il pleuvait énormément. La cours de l’école était une véritable mare à canards. Les élèves étaient confinés sous le préau.
Quelques uns s’engouffraient à l’extérieur pour patauger dans les flaques d’eau.
Marion était seule dans son coin. En fait, elle n’avait pas d’amie.
Très timide, elle préférait ne pas faire le premier pas vers les autres. Elle disait à ses parents que cela n’était pas si grave mais au fond d’elle, c’était une souffrance.
Elle était maussade de les voir tous s’amuser et discuter, elle aurait préféré aller dans la bibliothèque pour finir la bande dessinée de boule et bill. Elle se déplaça vers sa maîtresse pour lui demander cette faveur. Celle-ci était en train de tenter de rappeler un jeune garçon en train de courir sous la pluie.
Quand Marion fut proche d’elle, un garçon en profita pour la pousser dans le dos pour la faire tomber dans une flaque. Elle était trempée mais surtout humiliée. Un groupe assez important s’était rapproché de la scène. Elle était devenue en quelques secondes la risée de tous. Elle voulait se cacher car à ce moment là, elle sut qu’ils se moquaient d’elle depuis le début.
Une fille plus âgée qu’elle (elle était en CE2) se détacha de la masse et lui tendit la main pour l’aider à se relever.
Elle l’avait déjà remarqué. Elle enviait cette fille car elle avait beaucoup d’amie et semblait être la meneuse. Elle était appréciée pour sa joie de vivre et son humour.
Stéphanie fut à cet instant sa meilleure amie. Elle l’avait pris sous sa protection et lui avait présenté ses amies. Ses camarades de classe voyant qu’elle faisait désormais partie des grands ne se moquèrent plus d’elle. Ce stupide incident avait changé les choses et depuis les deux filles ne se quittaient plus.
Marion perdue dans ses pensées et surtout marchant tête baissée ne remarqua pas qu’elle fonçait droit vers un homme. Quand elle redressa le visage, c’était trop tard, la collision fut inévitable.
Le personnage sous le choc fut projeté sur le côté mais Marion tomba à terre.
Elle ordonna ses pensées en se demanda ce qui venait de se passer.
Elle se releva subitement et confuse. Elle redressa les yeux vers sa victime et elle fut surprise de voir un sans abri qui la dévisageait à la fois intrigué et en colère.
Elle se mit à rougir de plus belle. Elle se sentait si gourde et avait honte de sa maladresse.
Elle le regarda et tenta un petit sourire comme pour dédramatiser la situation.
Il semblait âgé d’une soixantaine d’année mais elle était consciente que la vie dans la rue peut faire vieillir plus vite que prévu. Il avait une tignasse grisâtre longue et en bataille dont le sommet se dégarnissait.
De profondes cernes lui donnaient un air triste. Son visage et joufflu malgré qu’il ne devait pas manger à sa faim et ses joues et son nez étaient rouges comme s’il était exposé au grand froid.
Il ne souriait pas et ne disait pas un mot. Il écoutait les excuses de Marion qui cherchait ses mots face à son mutisme.
Elle se demandait pourquoi il ne disait rien. Elle s’attendait pourtant à recevoir une pluie d’injures souvent le cas chez ces marginaux trouvant quiconque responsable de leur propre misère.
Elle ouvrit son porte monnaie et en sortit un billet de vingt euros qu’elle tendit:
-Tenez! Prenez! C’est pour me faire pardonner. Vous allez pouvoir vous acheter à manger ou autres chose.
L’homme ne broncha pas c’était à croire qu’il était sourd.
Marion perdait patience. Elle souhaitait en finir avec tout cela finit par hausser les épaules et tourner les talons pour poursuivre son chemin. Après tout elle avait fait de belles excuses et ne pouvait rien faire de plus.
Elle fit deux trois pas quand elle l’entendit enfin parlé mais ce qu’il prononça ne correspondait pas du tout à la situation.
Elle se retourna vivement pour savoir si cela était une plaisanterie.
Il semblait tout à fait sérieux. Il continuait à la dévisager. Elle s’approcha tout prés de lui. Elle se retint de faire une grimace de dégoût en respirant son odeur corporelle. La dernière douche qui avait du prendre devait remonter de la nuit des temps.
-Pouvez vous répéter ce que vous avez dit je crois avoir pas très bien compris?
Le SDF se mit cette fois-ci à sourire le peu de dentition qui lui restait était gâtée.
Puis de sa voix grave et rauque il dit:
-Marion fera un voyage qui ne sera pas bon présage.
Elle venait de recevoir un choc. Ses yeux s’agrandir, son visage pâlit et ses lèvres tremblèrent.
Comment pouvait il savoir qui elle était et ce qu’elle comptait faire?
Qui était cet homme? Un sorcier, une personne qu’elle avait connue?
Elle le regarda plus attentivement mais c’était bien la première fois qu’elle le croisait.
Alors comment expliquer tout cela?
-Comment savez-vous mon nom? Qui êtes vous?
Mais l’homme s’éloigna rapidement et avant de tourner dans une petite ruelle elle l’entendit encore sa litanie.
Marion aurait voulu le poursuivre, le secouer et l’obliger à répondre à ses questions mais elle n’était pas assez courageuse pour cela. Elle se contenta de fixer la direction s’attendant presque à le voir ressurgir pour lui chanter la même chose.
Elle ne comprenait pas ce qu’il venait de lui arriver et d’un coup elle regarda autour d’elle. Les gens passaient devant elle sans la voir et elle se sentit bien seule dans cette grande ville.
Scène 3
Stéphanie était nerveuse, sa jambe tressautait anxieusement et ses yeux regardaient toutes les minutes sa montre.
Cela faisait quarante cinq minutes qu’elle attendait assise sur cette chaise à cette terrasse: lieu de leur rendez vous. Mais que pouvait elle bien faire?
10h25. Pourtant Marion n’avait pas pour habitude d’être en retard de cette façon.
Elle se demanda s’il n’était pas préférable d’aller à sa rencontre. Elle était sur le point de se redresser mais se ravisa immédiatement « j’attends encore dix minutes et j’y vais »
Elle devait s’obliger à mettre de côté son rôle protecteur envers son amie et se dire qu’elle n’était plus une petite fille.
Elle décida de se commander son troisième café. « Comme cela je serais bien sur excitée et cela sera de sa faute »
Cela faisait deux ans qu’elle travaillait dans une agence en tant qu’architecte d’intérieur. Elle aimait avoir la possibilité de jouer avec les volumes, les décors et les couleurs. Elle devait faire preuve d’esthétisme et de praticité.
Pour l’instant elle était encore salariée mais elle comptait bien dans un proche avenir se mettre à son compte. Pour l’instant elle acquérait des compétences.
Elle était grande mais avec quelques kilos en trop ce qui n’en levait rien de son charme.
Son esprit rieur, son franc parlé et sa sympathie débordante attiraient bon nombre de personnes.
Elle cumulait les relations amoureuses comme certaines accumulent les vêtements et les chaussures. Marion ne cessait de le lui reprocher mais Steph répondait qu’elle profitait de sa jeunesse et qu’elle ne se sentait pas prête pour se ranger dans une vie monotone.
En fait, ce qu’elle ne disait pas c’est qu’elle avait peur de s’attacher de peur de souffrir par la suite.
Elle se persuadait que si elle ne tombait pas amoureuse elle ne risquait pas de subir des dommages.
Pourtant elle n’avait pas un mauvais exemple d’amour détruit dans sa famille car ses parents s’aimaient toujours même au bout de vingt deux ans de mariage.
Stéphanie se doutait que son père avait eu des relations extra conjugales et que sa mère s’en était accommodait. Elle n’avait pas des preuves flagrantes pour prouver ses pensées mais par moments, son père avait eu un comportement un peu louche et elle avait vu sa mère pleurer à cause de cela. Mais ils avaient tenu le coup et pu affronter ses soucis de couples.
De leur union ils avaient eu deux enfants. Mais le cadavre dans le placard de sa famille était bien Jérome.
Elle ne l’avait pas tellement connu. Les seules choses qu’elle avait en mémoire c’était les disputes, les cris, les pleurs parfois même des insultes. Elle n’avait jamais pu savoir pourquoi tout cela car ses parents depuis la fuite de leur fils ainé avaient tiré un trait sur lui et avaient fait comme s’il n’existait pas.
Plusieurs fois elle avait tenté de poser quelques questions mais a force de tomber sur un mur elle avait fini par laisser tomber et son frère était mort dans son esprit.
Il n’avait jamais été proche d’elle durant les cinq ans qu’il avait passé dans la famille en sa compagnie.
C’était à peine si elle se souvenait de son visage. Après toutes ces années dans l’oubli elle ne croyait plus à le voir réapparaître
10h28 , elle regarda au loin pour voir si elle arrivait et enfin elle put se sentir apaisée. Marion s’approchait mais sa démarche n’était pas habituelle. Elle fronça les sourcils.
Marion s’assit de suite en face de s copine mais elle n’osait pas relever la tête. Son visage était blanc ses lèvres tremblaient et elle ne cessait de torturer ses mains sous s’emprise de l’anxiété.
Stéphanie s’empressa de lui prendre les mains dans les siennes pour la rassurer et lui demanda inquiète ce qu’il lui était arrivée.
Sur le coup Marion ne savait pas si elle devait tout raconter de peur de se faire passer pour une folle mais devant le regard insistant de son amie, elle lui raconta toute l’histoire.
-Comment a-t-il pu connaître mon prénom et ce que je compte faire?
Stéphanie avait envie de rire. Marion était tellement fragile qu’elle s’était mis dans la tête de folles histoires abracadabrantes. IL était temps de la rassurer avec une explication bien rationnelle.
-Tu sais les SDF trouvent toujours un endroits pour dormir. C’est comme un chez eux. Ils ne s’éloignent pas trop de leur point de chute de peur de perdre un endroit tranquille et abrité.
Cet homme sur qui tu es tombé doit faire parti de ce cas là. Il doit tourner dans les parages pour trouver nourriture et faire la manche. A mon avis il a du déjà te repéré auparavant et en faisant tes poubelles il a trouvé tout les renseignements qu’il souhaitait. Quand tu l’as bousculé il t’a reconnu et en à profité pour te faire peur. C’était sa vengeance.
Marion la regarda perplexe. Comment n’avait elle pas pensé à cela?
Elle se sentait tout d’un coup idiote face à son amie qui exprimait un large sourire.
Stéphanie lui demanda:
-Qu’Est-ce que tu croyais? Etre tombée sur un clochard médium?
Marion hocha les épaules et finie dans un éclat de rire.
Ce fut dans la joie et la bonne humeur qu’elles parlèrent de leur voyage.